"Bidoche", ou comment l'industrie de la viande menace le monde...
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"Bidoche", ou comment l'industrie de la viande menace le monde...
Un article sous forme d'interview afin d'aborder le diktat de nos estomacs et nos mauvaises habitudes alimentaires de pays riches, sur les grands équilibres écologiques de la planète...bonne lecture et si cela peut vous influencer la prochaine fois que vous pousserez le caddie (tiens encore un mot d'origine anglo-saxone ayant rapport avec la consommation...
), tant mieux!
Comment l'industrie de la viande menace le monde, Novethic, 05/10/09, propos recueillis par Anne Farthouat
Fabrice Nicolino, auteur de deux ouvrages sur les biocarburants et les pesticides, revient avec une enquêté inédite sur l'industrie de la viande. Son nouveau livre, « Bidoche », dresse un état des lieux des dérives écologiques et sociales de cette industrie planétaire.
De plus en plus de pays consomment de la viande. Comment ces nouvelles pratiques alimentaires modifient-elles le paysage agricole ?
Fabrice Nicolino : Manger de la viande est effectivement un acte social majeur, signe de richesse. On en voit l’illustration parfaite en Chine : depuis quinze ans environ, près de 200 millions de Chinois ont vu leur pouvoir d’achat augmenter, et du coup, leur consommation de viande a explosé.
Cette demande croissante est d’ailleurs un mouvement qui sévit à l’échelle planétaire. On évoque la Chine, mais c’est tout aussi vrai en Inde, au Brésil, en Russie, etc. Or, il se trouve que le « rendement énergétique » d’un animal, est très mauvais : pour produire un kilo de viande, il faut entre 7 et 10 kg de végétaux. Du coup, le besoin de terres agricoles ne cesse de croitre, au point qu’aujourd’hui, 60% de la surface agricole mondiale est entièrement dédiée a l'élevage. Et c’est d’autant plus vrai en Europe, ou ce nombre atteint les 70%.
Les terres vont donc manquer ?
De nombreux agronomes s’inquiètent de voir que les terres agricoles sont de plus en plus difficiles a trouver. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ces 50 dernières années, la population mondiale a plus que doublé. Et la surface des terres dédiées a l’agriculture a augmenté d’àpeine 10%. Ces terres fertiles sont donc de plus en plus rares. D’ailleurs, l’achat massif de terres des pays du Sud par, entre autres, l’Arabie Saoudite et la Chine est un signal qui ne trompe pas. Et n’oublions pas que nous serons 9 milliards en 2050.
Alors, que va-t-il se passer ?
Il faudra a tout prix cesser d’utiliser nos terres pour nourrir un bétail destine à être mange par certains, pour les cultiver dans le but de nourrir directement tous les êtres humains. Nous avons encore le temps d’assurer cette transition, mais plus pour très longtemps. Sans quoi, elle s’imposera à nous, non sans dégâts écologiques et sociaux.
Ces dégâts sont déjà d'actualité. Comment les pays d’Amérique Latine gèrent-ils le problème de la déforestation causée par la culture du soja ?
Le sujet est explosif en Amérique Latine, et notamment au Brésil. L'Élevage y est très important, et nécessite donc des surfaces de pâturage géantes.
Or, l’expansion fulgurante des cultures de soja transgéniques, destinées à nourrir le bétail (sans parler des 'agrocarburants'...), réquisitionne toujours plus de terres agricoles, et fait pression sur les pâturages. Du coup, non seulement les éleveurs brésiliens délaissent les cultures vivrières, mais en plus , ils gagnent sans cesse du terrain sur la foret amazonienne et les cerrados.
C’est ce qu’on appelle l’avancée du « front agricole ». Le gouvernement de Lula est d’ailleurs très embarrasse : la foret tropicale ne s’est jamais aussi mal portée que depuis qu’il est au pouvoir…
La structure du secteur laisse-t-elle une place a une agriculture plus respectueuse ?
En France, il existe une poignée de grosses structures, comme In Vivo ou Doux. Leur activité va du commerce des pesticides a la mise sur le marche des produits finaux. Ces entreprises sont dans une logique purement industrielle, ce qui donne des situations parfois cocasses. Par exemple, Doux a acheté des sites de production de poulets au Brésil, au début des années 2000. Et vend aujourd’hui ces poulets bresiliens en France moins chers que les poulets Doux de Bretagne… ! Le reste du secteur est composé d’une multitude de petites entreprises très concentrées géographiquement. Par exemple, près de 60% de la production porcine française se trouvent en Bretagne, c’est-a-dire, sur a peine 5% du territoire hexagonal. Ces productions très concentrées peuvent avoir des impacts environnementaux désastreux, comme la prolifération des algues vertes…
Ce schema est-il franco-francais ?
Non, il est sensiblement le même a l'étranger. En fait, toutes les industries mondiales de la viande se sont alignées sur le modèle américain apparu au début de XXeme siècle. Un modèle de concentration et d’industrialisation massive de la production qui nous mène droit dans le mur...
Bidoche, le 7 octobre, Editions LLL, 400 pages, 21 euros.
-----------------------------
Impacts écologiques
En 40 ans, la consommation mondiale de viande est passée d'une moyenne annuelle de 24 kg par personne en 1964 a environ 40 kg aujourd'hui. Avec une grande disparité entre pays industrialises (de 62 a 88 kg),et pays en développement (10 a 28 kg). Le Réseau Action Climat estime qu'en tenant compte de l'élevage et du transport jusqu'au lieu de vente, la production d'1kg de veau rejette une quantité de GES équivalente à celle d'un trajet de 220 Km en voiture. La FAO a évalué a 18 % la contribution de l'élevage aux émissions totales de GES émises par l'activiste humaine.
<http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/agriculture/comment_industrie_viande_menace_monde/121836.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok>
Comment l'industrie de la viande menace le monde, Novethic, 05/10/09, propos recueillis par Anne Farthouat
Fabrice Nicolino, auteur de deux ouvrages sur les biocarburants et les pesticides, revient avec une enquêté inédite sur l'industrie de la viande. Son nouveau livre, « Bidoche », dresse un état des lieux des dérives écologiques et sociales de cette industrie planétaire.
De plus en plus de pays consomment de la viande. Comment ces nouvelles pratiques alimentaires modifient-elles le paysage agricole ?
Fabrice Nicolino : Manger de la viande est effectivement un acte social majeur, signe de richesse. On en voit l’illustration parfaite en Chine : depuis quinze ans environ, près de 200 millions de Chinois ont vu leur pouvoir d’achat augmenter, et du coup, leur consommation de viande a explosé.
Cette demande croissante est d’ailleurs un mouvement qui sévit à l’échelle planétaire. On évoque la Chine, mais c’est tout aussi vrai en Inde, au Brésil, en Russie, etc. Or, il se trouve que le « rendement énergétique » d’un animal, est très mauvais : pour produire un kilo de viande, il faut entre 7 et 10 kg de végétaux. Du coup, le besoin de terres agricoles ne cesse de croitre, au point qu’aujourd’hui, 60% de la surface agricole mondiale est entièrement dédiée a l'élevage. Et c’est d’autant plus vrai en Europe, ou ce nombre atteint les 70%.
Les terres vont donc manquer ?
De nombreux agronomes s’inquiètent de voir que les terres agricoles sont de plus en plus difficiles a trouver. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ces 50 dernières années, la population mondiale a plus que doublé. Et la surface des terres dédiées a l’agriculture a augmenté d’àpeine 10%. Ces terres fertiles sont donc de plus en plus rares. D’ailleurs, l’achat massif de terres des pays du Sud par, entre autres, l’Arabie Saoudite et la Chine est un signal qui ne trompe pas. Et n’oublions pas que nous serons 9 milliards en 2050.
Alors, que va-t-il se passer ?
Il faudra a tout prix cesser d’utiliser nos terres pour nourrir un bétail destine à être mange par certains, pour les cultiver dans le but de nourrir directement tous les êtres humains. Nous avons encore le temps d’assurer cette transition, mais plus pour très longtemps. Sans quoi, elle s’imposera à nous, non sans dégâts écologiques et sociaux.
Ces dégâts sont déjà d'actualité. Comment les pays d’Amérique Latine gèrent-ils le problème de la déforestation causée par la culture du soja ?
Le sujet est explosif en Amérique Latine, et notamment au Brésil. L'Élevage y est très important, et nécessite donc des surfaces de pâturage géantes.
Or, l’expansion fulgurante des cultures de soja transgéniques, destinées à nourrir le bétail (sans parler des 'agrocarburants'...), réquisitionne toujours plus de terres agricoles, et fait pression sur les pâturages. Du coup, non seulement les éleveurs brésiliens délaissent les cultures vivrières, mais en plus , ils gagnent sans cesse du terrain sur la foret amazonienne et les cerrados.
C’est ce qu’on appelle l’avancée du « front agricole ». Le gouvernement de Lula est d’ailleurs très embarrasse : la foret tropicale ne s’est jamais aussi mal portée que depuis qu’il est au pouvoir…
La structure du secteur laisse-t-elle une place a une agriculture plus respectueuse ?
En France, il existe une poignée de grosses structures, comme In Vivo ou Doux. Leur activité va du commerce des pesticides a la mise sur le marche des produits finaux. Ces entreprises sont dans une logique purement industrielle, ce qui donne des situations parfois cocasses. Par exemple, Doux a acheté des sites de production de poulets au Brésil, au début des années 2000. Et vend aujourd’hui ces poulets bresiliens en France moins chers que les poulets Doux de Bretagne… ! Le reste du secteur est composé d’une multitude de petites entreprises très concentrées géographiquement. Par exemple, près de 60% de la production porcine française se trouvent en Bretagne, c’est-a-dire, sur a peine 5% du territoire hexagonal. Ces productions très concentrées peuvent avoir des impacts environnementaux désastreux, comme la prolifération des algues vertes…
Ce schema est-il franco-francais ?
Non, il est sensiblement le même a l'étranger. En fait, toutes les industries mondiales de la viande se sont alignées sur le modèle américain apparu au début de XXeme siècle. Un modèle de concentration et d’industrialisation massive de la production qui nous mène droit dans le mur...
Bidoche, le 7 octobre, Editions LLL, 400 pages, 21 euros.
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Impacts écologiques
En 40 ans, la consommation mondiale de viande est passée d'une moyenne annuelle de 24 kg par personne en 1964 a environ 40 kg aujourd'hui. Avec une grande disparité entre pays industrialises (de 62 a 88 kg),et pays en développement (10 a 28 kg). Le Réseau Action Climat estime qu'en tenant compte de l'élevage et du transport jusqu'au lieu de vente, la production d'1kg de veau rejette une quantité de GES équivalente à celle d'un trajet de 220 Km en voiture. La FAO a évalué a 18 % la contribution de l'élevage aux émissions totales de GES émises par l'activiste humaine.
<http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/agriculture/comment_industrie_viande_menace_monde/121836.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok>

Moaï- MEMBRE

- Nombre de messages: 139
Age: 30
Localisation: Breizh
Date d'inscription: 16/10/2008
Circuit de la viande de porc releve par un consommateur Belge
Absurdité du jour... Circuit de la viande de porc relevé par un consommateur Belge, 18/10/09
Dernièrement, j'avais une petite recette à réaliser et j'ai pris le haché qui me manquait au Delhaize (magasin).
C'est en sortant le paquet du frigo que j'ai été stupéfait par l'étiquette.
Ce cochon qui a donné son corps a la cuisine a parcouru un kilométrage incroyable, et vivant pour bien faire.
Regardez bien l'étiquette et vous verrez :
- naissance : Canada
- élevage : Australie
- abattage : Belgique
- découpage : ailleurs en Belgique
Entre le Canada et l'Australie il y a plus ou moins 17000 kms et entre l'Australie et la Belgique il y a plus ou moins la même distance. Si je devais parcourir la même distance avec ma Fiat, il me faudrait plus de 1500 litres de mazout à près d'un euro le litre soit à peu près 1500 euros et pourtant le prix au kilo de cette viande est tout a fait normal.
Je ne sais pas pourquoi mais j'ai un peu l'impression de bouffer du pétrole plutot qu'une viande de porc maigre.
J'insiste juste sur le fait que nous avons des producteurs chez nous et que la base de l'écologie et de l'économie d'énergie, c'est de ne pas faire faire le tour de la planète a la bête qui est destinée à notre assiette.
En conclusion, regardez bien l'Étiquette de ce que vous achetez en grande surface, il y a de quoi être surpris…
Dernièrement, j'avais une petite recette à réaliser et j'ai pris le haché qui me manquait au Delhaize (magasin).
C'est en sortant le paquet du frigo que j'ai été stupéfait par l'étiquette.
Ce cochon qui a donné son corps a la cuisine a parcouru un kilométrage incroyable, et vivant pour bien faire.
Regardez bien l'étiquette et vous verrez :
- naissance : Canada
- élevage : Australie
- abattage : Belgique
- découpage : ailleurs en Belgique
Entre le Canada et l'Australie il y a plus ou moins 17000 kms et entre l'Australie et la Belgique il y a plus ou moins la même distance. Si je devais parcourir la même distance avec ma Fiat, il me faudrait plus de 1500 litres de mazout à près d'un euro le litre soit à peu près 1500 euros et pourtant le prix au kilo de cette viande est tout a fait normal.
Je ne sais pas pourquoi mais j'ai un peu l'impression de bouffer du pétrole plutot qu'une viande de porc maigre.
J'insiste juste sur le fait que nous avons des producteurs chez nous et que la base de l'écologie et de l'économie d'énergie, c'est de ne pas faire faire le tour de la planète a la bête qui est destinée à notre assiette.
En conclusion, regardez bien l'Étiquette de ce que vous achetez en grande surface, il y a de quoi être surpris…

Moaï- MEMBRE

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