Discussions autour de la Vie sauvage, de la survie, du Pistage, de la ferme traditionnelle bashkir et des arts martiaux cosaques - Par John C
 
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 CULTURE BASHKIR : le Briquet à percussion pour allumer le feu

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John C
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MessageSujet: CULTURE BASHKIR : le Briquet à percussion pour allumer le feu   CULTURE BASHKIR : le Briquet à percussion pour allumer le feu EmptyLun 17 Juin - 8:19

Le briquet à percussion pour allumer le feu


Moins célèbre que le feu par friction car moins "spectaculaire" ou traditionnel pour certains, le feu par percussion est néanmoins une technique ancienne (dite "primitive") adoptée à partir Néolithique jusqu'au début du 20e siècle par l'homme pour sa facilité. Ainsi, nous pouvons le retrouver de l'Alaska jusqu'au fin fond de la Sibérie en passant par l'Europe. Au départ, il s'agissait de frapper une "pierre métallifère" la marcassite ou la pyrite contre un silex pour produire une étincelle chaude permettant d'obtenir une petite braise sur un "amadou", c'est  à dire un initiateur. Par la suite, la technique s'est modernisée à partir de l'âge de fer, en se faisant avec des briquets à percussion et un silex, augmentant ainsi la chance d'obtenir des étincelles...

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Ce type de briquet fut en usage chez les Nomades très tôt et jusqu'à très récemment. Les bashkirs, comme les cosaques en furent usage : Ma propre arrière grand mère et ma grand-mère se transmettaient le savoir folklorique en guise de traditions même si les allumettes avaient largement prise le relais !


UN PEU DE VOCABULAIRE :

Initiateur : Pour le feu, il s'agit de combustible très inflammable permettant de démarrer un feu facilement. Ainsi, des herbes sèches, du papier à bouleau, de l'amadou ou du coton carbonisé par exemple sont des initiateurs.

Amadou : ce terme provient du champignon amadouvier. Il s'agit de la fibre soyeuse que nous pouvons trouver à l'intérieur du champignon, utilisée pour capter une étincelle et allumer le feu. Par extension dans le monde de la survie, tout ce qui brule vite et bien servant d'initiateur.



LE BRIQUET NOMADE


Pour le nomade, le feu est une garantie de survie; Par tradition chez nous (Mongols, Bouriates, Bashkirs, Tatars et j'en passe), le feu doit toujours être allumé dans les yourtes et autres habitations du 15 septembre au 15 avril environ, garanti de survie par grand froid, notamment pour celles et ceux travaillant dehors parfois par des températures extrêmes (-50° à certains endroits !!! ).



Ouvragés et d'une excellente qualité, ces briquets sont souvent accompagnés d'une petite pochette en cuir pour ranger le silex et de l'amadou. Ils sont la fierté de leur propriétaire et marque souvent aussi par leur qualité un certain rang social. En Mongolie notamment, il n'est pas rare de voir des briquets plus que centenaires accrochés aux ceintures de leur propriétaire comme des trésors familiaux. La coutume quant à elle a presque disparu chez les Tatars, et est très rare chez les Bashkirs. Mon grand-oncle, mon arrière grand mère et ma grand mère se sont transmis le savoir comme un précieux trésor ("parce qu'on fait comme ça chez nous")jusqu'à ma personne, comme souvenir du passé, élément folklorique que nous nous plaisons à ressortir devant les gens curieux, Tradition oblige !


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Briquet à percussion typiquement nomade comme nous pouvons en trouver chez les Mongols, Kazakhs, Bouriates, Tatars ou Bashkirs. Notez l'ensemble étui, couteau, briquet et pochette en cuir. Collection familiale personnelle de l'auteur. Ce briquet date de la fin du 19e siècle.

Encore une fois, ce type de briquet de grande qualité était surtout courant de l'Oural à l'extrême Sibérie par les nomades. Pour autant, là où les populations cosaques avaient des liens étroits avec les populations nomades, ils adoptèrent aussi ce "complet" à percussion : Le professeur Lebedynsky dans son livre de l'épée scythes au sabre mongol ne manqua pas d'ailleurs de faire remarquer l'adoption règlementaire par l'Armée russe en 1834 de ce type de kit pour les cosaques de Transbaïkalie, certainement en raison de sa praticité et son efficacité.


LE BRIQUET COSAQUE


Les cosaques, en descendants de nomade et de vikings (voir ethnogenèse des cosaques) utilisèrent également le briquet à percussion.
Le briquet à percussion cosaque est plus rudimentaire que ceux des nomades très ouvragés. Traditionnellement, il transportait soit directement bloqué dans la ceinture ou dans une petite pochette en cuir que j'ai fabriqué pour y mettre mon kit feu.


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Briquet à percussion de type "ukrainien" comme ceux que nous pouvons retrouver dans les fouilles archéologiques en Ukraine sur les champs de batailles cosaques. Collection personnelle de l'auteur.

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Le modèle cosaque zaporogue en illustration dans le livre du Professeur Lebedynsky "les cosaques" page 118. Vous pouvez comparer la taille par rapport à la phalange de doigt.

Au sujet du Pr. Lebedynsky : Professeur d'histoire à l'institut nationale de langues et civilisations orientales (l'université où j'ai également étudié). Il a écrit de nombreux livres sur les peuples nomades et la cosaquerie, zaporogue notamment (c'est à dire ukrainienne).




ALLUMER LE FEU PAR PERCUSSION : LES GRANDES LIGNES


Le principe du feu par percussion est assez simple :

Deux percuteurs comme un silex+marcassite, silex+pyrite, silex+lame carbonée(...) frappés l'un contre l'autre produisent des étincelles suffisamment chaudes et stables pour enflammer un initiateur(2) à feu. Contrairement aux inepties racontées dans certains livres d'école, deux silex l'un contre l'autre ne donnent pas d'étincelle chaude, et ne permettent donc pas d'allumer un feu !

Nous obtenons un briquet à percussion en le forgeant de manière à apporter suffisamment de carbone dans son métal. Chez les Bashkirs par exemple, on procédait de trois façons : en ajoutant de la poussière de corne au moment de battre le fer, en le mettant au feu avec de la paille et en le trempant dans de l'huile.

Au choc avec un briquet, le silex permet d'arracher un morceau de carbone à la lame, qui sous le choc et le dégagement de chaleur lié au frottement subite s'enflamme pour donner naissance à une étincelle assez stable pour embraser un initiateur.  

En pratique, c'est plus délicat. L'angle de frappe est primordial, pour bien diriger l'étincelle sur le premier initiateur. Avec de l'habitude, un seul coup bien placé permet de loger l'étincelle dans son initiateur. Et là , contrairement au feu par friction il faut de suite réagir pour apporter l'oxygène nécessaire pour entretenir cette braise, bien placée dans un nid douillé prêt à prendre feu....

Un nid d'éléments inflammables et bien secs doit être préparé à l'avance pour ne pas perdre de temps entre le moment où on obtient sa braise et le transfert avec prise d'air, le tout sans éteindre sa petite braise! Chez les Bashkirs (comme les Cosaques d'ailleurs),le nid est souvent fait d'herbes sèches, d'écorces de bouleau et d'akène de massette des roseaux !

Si forte humidité, il est impératif de bien protéger ses matériaux (de s'isoler du sol notamment, et de la pluie surtout) pour allumer le feu, de bien préparer ses initiateurs (mis au sec bien au chaud), et de les sortir à la dernière minute avant d'allumer un feu.

C'est avant tout un savoir faire qui vous permettront d'allumer un feu à tous les coups ! Mes arrières grand-parents autrefois et ce jusque dans les années 50 avaient pour coutumes d'allumer le feu encore de la sorte car ils le préféraient aux allumettes ! A l'heure actuelle, partout où j'ai pu voyager, j'ai pu allumer un feu par percussion avec des éléments trouvés sur le terrain. Je trouve par ailleurs cette technique plus rapide et plus efficace que le feu par friction par temps "Grand Froid" ou forte humidité, mais ça reste un avis totalement subjectif !


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Légende de la photo :

1- le briquet (une petite pochette est montée dessus pour accueillir de l'amadou et un silex)

2- silex

3- coton de massette

4- amadou

5- papiers à bouleau

6- bourse en cuir pour garder au sec des initiateurs de feu (on peut y voir de l'écorce de bouleau)

7- fourreau de couteau (chez les mongols et autres nomades, on y range aussi des baguettes. Les cosaques de transbaïkalie y mettaient une petite fourchette. Pour ma part, j'y loge une petite lime)

8- couteau

_________________
John C, Pisteur, Instructeur de survie, Enseignant d'arts martiaux traditionnels et historiques, spécialiste de la culture cosaque et bashkir.

 

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